Blogue Goûtez Lanaudière


Mon coup de coeur : l’Abbaye Val Notre-Dame

On peut sortir le gars de Bayolle, mais pas Bayolle du gars!
C’est simple, mais c’est comme ça, et c’est encore vrai.

Je suis né à Bayolle une municipalité officiellement appelée Sainte-Elisabeth, située aux confluents (sic) de St-Thomas, St-Norbert, St-Felix-de-Valois et Berthier. J’y suis né à une époque où les parties de hockey se disputaient avec les paroisses voisines autour de patinoires extérieures et l’événement attirait Bayolle au grand complet. Nous avions un hymne national (Altla altla altla, les Bayollais, les Bayollais… sont là) qui fouettait notre fierté… municipale… et nous a permis de gagner plusieurs coupes! Je suis né sur une ferme, dans une famille heureuse, travaillante et bien ancrée dans sa communauté. Mes parents (on faisait tout en famille chez nous) ont acheté, au début des années soixante, la compagnie pour laquelle mon père travaillait : Béton Casaubon, passant ainsi du statut de cultivateur à celui d’entrepreneur. Dès que j’ai obtenu mon permis de conduire, j’ai passé un nombre incalculable de samedis au volant d’un camion de livraison qui m’a mené aux quatre coins de Lanaudière, une région que j’ai ainsi appris à mieux connaître. Et que j’ai vu grandir et changer au fil des ans. Car même si je suis parti tôt pour Montréal pour pouvoir y exercer ma passion pour le cinéma – grâce à Claude Blouin, un professeur hors de l’ordinaire responsable de la vocation d’au moins une centaine de travailleurs du merveilleux monde du cinéma et de la télévision – je suis demeuré continuellement en contact avec Lanaudière où réside ma famille et plusieurs de mes amis. Et où je passe annuellement une semaine de vacances.

S’il y a une chose que j’ai remarquée au fil des ans, c’est bien l’évolution de l’industrie alimentaire : de nouvelles cultures. J’ai vu la disparition du tabac, assisté à l’arrivée du chanvre industriel par les membres de la Coop Lanaufibres, dont plusieurs sont d’anciens producteurs de tabac, de nouveaux restaurants, l’arrivée de fromageries, des élevages de moutons et de cerfs, sans oublier, l’arrivée des vignobles: il y en a 8 actuellement dans Lanaudière.

J’y suis donc retourné cette année encore et sur le chemin qui me menait vers St-Michel-des-Saints, je me suis arrêté à l’Abbaye Val Notre-Dame à St-Jean-de-Matha. Et j’ai y fait une halte des plus rafraîchissantes qui m’a permis de découvrir une foule de produits régionaux.

MON COUP DE COEUR: L’ABBAYE VAL NOTRE-DAME

Est-ce parce que j’ai été servant de messe dans mon jeune âge à Bayolle* et que j’ai alors développé un attrait certain pour le cérémonial religieux** ? Ou parce que j’ai un souvenir impérissable de ce fromage d’Oka qui accompagnait nos discussions bien arrosées de cégépiens en mal de refaire le monde? Ou parce que je viens de voir le RÈGNE DE LA BEAUTÉ de Denys Arcand et que j’ai voulu côtoyer de plus près l’œuvre de l’architecte Pierre Thibault, cet architecte minimaliste qui a conçu la nouvelle Abbaye Val Notre-Dame à St-Jean-de-Matha, nouvelle résidence des  Frères de la Trappe d’Oka? Réponse? Toutes ces réponses! Et plus encore.

Tout d’abord, un peu d’histoire. Contrairement à d’autres communautés, les moines de Saint-Benoît doivent vivre du travail de leurs mains et non pas des dons qu’ils pourraient recevoir. C’est ainsi qu’un moine français se présenta à l’Abbaye d’OKA en 1893 (alors aux prises avec des problèmes financiers) avec une recette d’un fromage qui changea du tout au tout la vie de ce monastère. En 2009, la communauté décida de quitter OKA pour un endroit plus tranquille et plus près de ses objectifs. La communauté s’établit alors à St-Jean-de-Matha, devenant alors l’Abbaye Val Notre-Dame.

J’ai donc visité cette abbaye et j’ai été ébloui par la simplicité de l’architecture de ces lieux, principalement leur intégration parfaitement réussie à la nature. Entre autres, par la chapelle dont on m’avait vanté la beauté du mur complètement vitré qui offre une vue magnifique sur la Montagne Coupée, un portrait dont la texture varie au rythme des saisons. D’ailleurs des photos montrant le même panorama en hiver m’ont convaincu d’y revenir l’hiver prochain.

C’est dans cet esprit de quiétude que je suis entré dans la boutique de l’Abbaye où « on trouve de tout… du livre religieux à l’idée de cadeau gourmande ». On y trouve effectivement de tout : du bâton de pèlerin (pour parcourir les sous-bois environnants) aux livres religieux visant à faire connaître la spiritualité des Pères Cisterciens (si vous avez aimé le film DES HOMMES ET DES DIEUX, procurez-vous le livre du Frère Christophe qui relate au jour le jour les événements qui ont marqué la communauté de Tibhine de 1993 à 1996) sans oublier les CDs de chants grégoriens et surtout, toute une gamme de produits de Lanaudière qui remplit si bien sa vocation « d’idée cadeau gourmand ».

À tout seigneur tout honneur, commençons donc par les produits des moines de l’Abbaye Val Notre-Dame.

PRODUITS DE L’ABBAYE VAL-NOTRE-DAME

OKARAMEL (son nom rappelle ses origines). Un hymne à vos papilles gustatives qui vous ramènera directement à votre enfance (sinon à la mienne).

CHOCOLAT. Les différentes saveurs (au caramel, aux noisettes, à l’érable) sont toutes délicieuses, mais j’ai surtout craqué pour les MENTHES ENROBÉES DE CHOCOLAT (les After Eight peuvent aller se « rhabiller »).

GÂTEAU AUX FRUITS. Je suis un « fan » fini des gâteaux aux fruits depuis que ma mère m’a initié à ce dessert succulent dont la vente servait à financer les activités des Filles d’Isabelle ou des Fermières. Celui-ci est un délice.

FROMAGES et (RE) CHOCOLAT. Il ne faudrait pas oublier les produits d’autres abbayes qui n’ont plus besoin de présentation : les fromages de l’Abbaye St-Benoit et les chocolats de celle de Mistassini .

PRODUITS DE LANAUDIÈRE

L’HUILE ET LA FARINE DE CHANVRE de la COOP LANAUFIBRES. On parle ici d’huile et de farine de très haute qualité. Je me sens cependant obligé de spécifier – pour les partisans de Trudeau fils qui s’emballeraient trop rapidement – que ce chanvre ne contient pas de THC, la molécule du cannabis bien connue pour ses effets psychoactifs.

LA RELISH DE LA COURGERIE. C’est aussi ma mère*** qui me l’a fait découvrir, me spécifiant que c’était presque un dessert. Non seulement cette « courgerie » offre des produits de très haute qualité, mais en plus, elle est située en territoire Bayollais (c’est tout dire)!

LE JAMBON ET LES CHARCUTERIES DE COCHON CENT FAÇONS. En premier lieu, j’ai craqué pour le nom. Puis, j’ai goûté aux produits qui m’ont rappelé ces vendredis de mon enfance où il fallait « faire maigre » ce qui ne faisait, bien sûr, qu’augmenter notre désir de « manger gras ». Il me vient à l’esprit d’extraordinaires souvenirs de ces vendredis où dès 22 h 30 on commençait à mettre sur la table petit rôti de porc, langues de bœuf et autres victuailles sur lesquels on « sautait » avec un plaisir non dissimulé dès qu’on entendait le signal de l’horloge grand-père.

Bref, cette halte à St-Jean-de-Matha s‘est avérée riche en découvertes de toutes sortes, aussi bien pour le palais que pour les yeux.

NOTES DE BAS DE PAGE

*Je suis né à Bayolle (municipalité connue sous le nom de Ste-Élisabeth), enclavée entre St-Felix de Valois, St-Norbert, Berthier et St-Thomas. À l’époque où on utilisait encore le train pour « aller à Joliette », le contrôleur du CN – Monsieur Parent, lui-même fier Bayollais – refusait d’utiliser d’autre terme que « Bayolle » pour signaler l’arrêt du train dans notre municipalité. Il m’avait un jour expliqué que « si les passagers ne savent pas qu’on s’appelle BAYOLLE… ils n’ont rien à faire chez nous! »

** Je suis certain que ma passion pour la réalisation a pris naissance lors de cet instant de bonheur où, en tant que servant de messe, j’ai utilisé « le claquoir » pour la première fois: un coup… et toute la salle se lève comme un seul homme et deux coups, ils se mettent tous à genoux. Je me souviens très précisément l’avoir utilisé dans des moments incongrus question de vérifier l’impact de son autorité : celle-ci s’est toujours avérée exacte. C’est probablement pourquoi ma femme sent le besoin de me rappeler régulièrement la différence entre Dieu et un réalisateur : « Dieu ne se prend pas pour un réalisateur, lui ! »

*** J’en profite pour dédier ce billet à Aurore Poulette.