Blogue Goûtez Lanaudière


Aussi loin qu’elle se souvienne, Sophie Ginoux a toujours été gourmande. Et elle a eu la chance de tomber au sein d’une famille qui aimait cuisiner, manger et déguster de bonnes bouteilles. Elle a donc grandi en se régalant de bœuf bourguignon, de quiches, de soufflés au fromage, de confit et de fois gras de canard – Brive, la ville dont elle est originaire en France, est une spécialiste en la matière –, de gratin dauphinois, de tomates farcies, de poulet aux écrevisses, de fromages capiteux (autrement dit, « qui sentent fort »), de flognardes aux pommes et de bien d’autres plats invitants encore. Elle a aussi accompagné sans rechigner ses grands-parents maternels dans de grands restaurants, des Trois-Gros à Paul Bocuse, en passant par le Palm Beach.

Certains de ces repas bien achalandés et arrosés, elle en a vécu dès l’âge de sept ans avec des Lanaudois de passage à Brive, commune jumelée à celle de Joliette via l’Association France-Québec. Intellectuels, gens d’affaires, artistes et étudiants leur ont ainsi rendu visite au fil des années. Inutile de dire qu’elle a tout de suite adoré l’accent de ces Lanaudois de passage, tout comme leur affabilité, leur ouverture et leur créativité, des caractéristiques qu’elle leur reconnait toujours aujourd’hui. C’est donc tout naturellement qu’elle s’est orientée vers Lanaudière pour effectuer son tout premier stage en entreprise, alors qu’elle avait 17 ans. Et après deux mois passés au Joliette Journal, elle était convaincue qu’elle reviendrait un jour. Étaient-ce l’accueil chaleureux de l’équipe du journal, la confiance que lui avait accordée le rédacteur en chef, le sourire affiché par tous les gens qu’elle croisait, les délicieux carrés aux dattes du boulanger du coin, les énormes pots de Nutella qu’elle avait achetés au Costco, les grosses Buick toutes illuminées, ou encore cette impression enivrante d’immensité qui l’avait séduite? Un peu tout cela, sans doute.

Elle est revenue en France après ce stage, puis a fait assez sagement ses études supérieures pour se retrouver, à 22 ans, titulaire d’une maîtrise en histoire et en communications, plus gourmande encore qu’avant et bien décidée à ne pas perdre son temps. Elle est donc revenue dans Lanaudière le 6 novembre 1996 avec une valise trop lourde, son chat et des souliers totalement inadaptés à l’hiver. Très vite, elle a pris mes marques dans ce pays d’adoption qu’elle devait côtoyer pendant 10 mois et qu’elle n’a finalement pas quitté depuis 17 ans. Elle y a fait des rencontres marquantes, y a lié des amitiés solides, y a bâti son expertise.

Évidemment, la gourmande qu’elle est n’a pas été indifférente au fait qu’en l’espace de cinq ans, l’offre gastronomique s’était élargie. Pains croûtés, fromages de qualité comme le Victor et Berthold, gâteaux au vrai chocolat et petits pots en tous genres avaient commencé à se faire une place sur les étals de boutiques comme dans les assiettes des restaurants. Cette offre s’est depuis développée de manière exponentielle un peu partout à travers le Québec, mais Lanaudière a vraiment une place à part dans ce domaine, il faut le reconnaître. Ses agriculteurs, éleveurs et artisans de bouche aiment ce qu’ils font, et cela se sent. Elle a suivi leur parcours assez attentivement, soit en goûtant aux produits que ses amis lui faisaient découvrir, soit en se perdant consciemment sur les jolies routes lanaudoises pour s’arrêter chez un viticulteur, un éleveur de chèvres ou un producteur de petits fruits.

Cette passion pour la bonne chère, elle la vit maintenant au quotidien. En effet, depuis deux ans, elle est à la barre d’une émission de radio gastronomique sur les ondes de CIBL, Plaisirs Gourmands, qui lui permet de partager ses découvertes avec des dizaines de milliers d’auditeurs. Avec pour coanimateur M. Bulles en personne, Guénaël Revel, ainsi qu’une belle équipe de chroniqueurs, ils suivent de près l’actualité gourmande, reçoivent de nombreux invités tantôt très connus, tantôt à connaître, réalisent des reportages de terrain et goûtent à beaucoup, beaucoup de choses. Ses semaines sont également bien chargées en raison de son mandat pour le journal Voir (et le site Web associé), dont elle chapeaute le volet « Voir la vie », bien connu des foodies du Québec, en plus d’y réaliser bon nombre d’articles. Elle réalise aussi des articles à caractère viticole pour Nightlife et s’est commise en 2011 avec le Guide de l’érable (éditions Goélette). Enfin, elle a la chance d’être mariée à un sommelier doublé d’un cordon bleu accompli. La gourmandise fait donc partie intégrante de sa vie et Lanaudière est un formidable terrain de jeux en la matière.


Coup de coeur pour Simon Turcotte confiturier

Tout s’est passé très vite. Un jour, alors que j’avais sept ans, je suis tombée en amour avec Lanaudière. Enfin, plus exactement, avec des Lanaudois qui venaient faire des échanges culturels avec la petite ville de Brive, en France, dont je suis originaire.